Un terminal dont la façade est le projet

Le nouveau terminal de l'aéroport Rabat-Salé se reconnaît d'abord à sa toiture ondulante, portée par une charpente en résille bois qui vient couvrir l'ensemble du hall. Sous cette couverture, tout le pourtour du bâtiment est traité en façade vitrée continue : c'est elle qui donne au terminal sa transparence et qui laisse lire la structure depuis l'extérieur comme depuis l'intérieur.

Pour les entreprises de façade, un projet de cette échelle pose trois questions simultanées : comment tenir des vitrages de très grande hauteur, comment absorber les mouvements de la structure, et comment garantir l'étanchéité sur des milliers de mètres carrés exposés aux vents de l'Atlantique.

Mur-rideau VEC : une peau de verre sans capot apparent

La trame principale est réalisée en mur-rideau à Vitrage Extérieur Collé. Le verre est collé sur des cadres aluminium eux-mêmes fixés sur les montants, ce qui supprime tout capot serreur visible en façade. Vu de l'extérieur, on ne perçoit plus qu'un quadrillage de joints fins entre les vitrages — l'effet miroir des photos de chantier vient précisément de cette continuité de la peau de verre.

Cette technique n'est pas seulement esthétique. En supprimant les serreurs, elle réduit les ponts thermiques linéiques en façade et limite les zones de rétention d'eau et de poussière, ce qui compte sur un bâtiment dont la maintenance des façades est coûteuse.

VEF et fixations ponctuelles sur les zones de grande hauteur

Sur les travées les plus hautes, le collage structurel seul ne suffit pas à couvrir les hypothèses de charge de vent. Ces zones sont traitées en Vitrage Extérieur Fixé : le collage est doublé de fixations mécaniques ponctuelles, visibles sur les photos sous forme de pattes régulières en périphérie des panneaux. C'est une sécurité redondante classique sur les façades de plus de 12 mètres, et une exigence courante en bureau de contrôle sur les établissements recevant du public.

Le composite pour tout ce qui n'est pas transparent

Une façade de terminal n'est jamais entièrement vitrée. Les allèges, les trumeaux verticaux et les retours de tableaux sont habillés en tôle composite aluminium — on les distingue nettement sur les photos, encore protégés par leur film de pose. Le composite permet de conserver exactement la même trame que le vitrage, avec des tolérances de planéité qu'une tôle pliée classique ne tiendrait pas sur ces surfaces.

Sur un aéroport, le choix de la classe de réaction au feu n'est pas négociable : les panneaux à âme minérale de type A2 sont la référence attendue sur ce type d'ERP, là où un FR standard suffirait sur un bâtiment résidentiel.

Ce que ce chantier apprend aux façadiers

L'intérêt de ce projet pour un menuisier ou un façadier tient à la coordination : la façade vitrée est ici suspendue à une charpente bois qui travaille, et non à une structure béton figée. Cela impose des fixations réglables en trois dimensions et des joints de dilatation dimensionnés en conséquence. C'est exactement le type de configuration sur laquelle l'équipe technique Oscar Aluminium intervient en amont, aux côtés du bureau d'études, pour valider la trame et les accessoires avant lancement de la fabrication.